Alexandre Bonazzi — NeozOne. Article original publié le 2 novembre 2026. Lire l’article original sur NeozOne.

Lors de mon voyage en Martinique, j’avais pu constater l’ampleur des dégâts provoqués par les sargasses. Ces algues brunes, qui s’accumulent parfois en quantités impressionnantes sur les plages, sont un véritable fléau pour les habitants, les professionnels du tourisme et l’environnement. Nous avions d’ailleurs déjà évoqué sur NeozOne plusieurs initiatives visant à transformer ces algues en matériaux de construction ou en engrais.

Mais une entreprise martiniquaise, Sargawatt, propose une autre approche : les récupérer avant même qu’elles n’atteignent le littoral. Une solution présentée sur le site de la Fondation Solar Impulse qui mérite d’être connue ! Découverte.

Pourquoi faut-il récupérer les sargasses avant leur échouage ?

Lorsqu’elles arrivent sur les plages, les sargasses deviennent particulièrement difficiles à gérer. En se décomposant, elles libèrent notamment du sulfure d’hydrogène et de l’ammoniac, deux gaz responsables de nuisances olfactives et de risques sanitaires. Leur ramassage nécessite également des engins, du personnel et de nombreuses rotations pour transporter les algues. Sans compter le sable emporté avec elles.

Pour ma part, j’ai pu voir les sargasses envahir complètement une plage, privant les locaux de pêche, et les touristes de baignade ! Et puis, il y a l’odeur, elle est pestilentielle, vraiment ! C’est à cet ensemble de problèmes que Matthieu Bergot et Bruno Sainte-Rose, les cofondateurs de Sargawatt, ont décidé de s’attaquer à la source. Leur invention, baptisée SargaJet, est une structure flottante tractée par un bateau classique.

Elle permet de récupérer les algues directement en mer, grâce à des filets qui se remplissent automatiquement. Et contrairement aux grosses machines spécialisées, le dispositif ne possède ni moteur supplémentaire ni électronique embarquée.

Comment fonctionne cette étonnante machine flottante ?

Le principe est relativement simple. Un bateau remorque le SargaJet jusqu’aux nappes de sargasses. Les algues sont dirigées vers de grands filets, qui sont ensuite récupérés pour être ramenés à terre. Selon Sargawatt, chaque filet peut contenir plus de 500 kg d’algues. L’entreprise annonce une capacité pouvant atteindre 60 tonnes de sargasses par jour, soit l’équivalent de 240 grands sacs de collecte.

Autre avantage : la structure serait démontable en moins de 30 minutes et transportable avec une simple camionnette. L’entreprise revendique également des économies importantes, pouvant atteindre 50 à 90 % par rapport à certaines méthodes existantes. Des chiffres qui devront toutefois être confirmés lors d’exploitations régulières.

Le projet possède aussi une petite particularité qui prouve le lien entre la Métropole et les Outre-Mer ! Eh oui, le SargaJet a été développé avec des étudiants ingénieurs de l’Icam, à Lille. Le prototype a notamment été testé dans la Deûle avant de rejoindre les Antilles.

SargaMap : prévoir les arrivées pour intervenir au bon moment

Ramasser les algues, c’est bien. Mais encore faut-il savoir où elles se trouvent ! C’est le rôle de SargaMap, un outil utilisant notamment des images satellites et des drones pour localiser les nappes et anticiper leurs déplacements. L’objectif est d’envoyer les bateaux au bon endroit, au bon moment, plutôt que de multiplier les interventions inutiles. Sargawatt développe également SargaDry, un procédé destiné à sécher les algues pour faciliter leur transport et leur valorisation.

Car ces végétaux pourraient devenir une ressource. Nous avions déjà présenté une initiative visant à transformer les sargasses en biocarburant. Présenté le 22 octobre 2026 au Robert, en Martinique, le SargaJet poursuit son développement après une première preuve de concept réalisée en 2025. L’entreprise travaille désormais sur une version destinée à une utilisation opérationnelle. Pour avoir vu les dégâts sur place, je trouve cette approche particulièrement intéressante.

Plutôt que d’attendre que les plages soient envahies, pourquoi ne pas intervenir avant ? Pour en savoir davantage, rendez-vous sur le site officiel : sargawatt.com. Et vous, pensez-vous que la collecte en mer pourrait enfin apporter une réponse durable au problème des sargasses ?

Source : NeozOne — Alexandre Bonazzi, 2 novembre 2026. Les performances rapportées restent attribuées à leur source et conservent les réserves de l’article.